Revue d’ici là : fin de partie

lundi 10 novembre 2014, par Liminaire

La question revient régulièrement et je repousse l’échéance, cherchant au fond les moyens d’y croire encore un peu. Le temps passe...

Nous avions envisagé avec Gwen Català les grandes lignes de ce qui aurait pu devenir la revue d’ici là, et nous discutions des formes que pourraient prendre la revue (site avec diffusion en flux tendu de productions artistiques en accès libre, numéro trimestrielle sous ePub, et impression d’un numéro annuel), malgré mes doutes sur l’ampleur de la tâche, je voulais y croire.

Le numéro dix est sorti dans la foulée, puis j’ai lancé l’appel à participation pour le numéro 11 (Au commencement était le verbe, à la fin le monde sans fin) en espérant savoir où j’irais techniquement dans les mois suivants, mais l’ampleur de la tâche est immense, les ventes de la revue stagnent, et le modèle à renouveler, devient très incertain.

Et du coup, depuis plusieurs mois je ne sais toujours pas où je vais. Et de moins en moins, plus le temps passe. Je sens surtout désormais que je n’ai plus envie de continuer dans cette direction. Sans maîtriser les tenants et les aboutissants.

La revue d’ici là accompagne Publie.net depuis le début de sa création par François Bon, elle s’est construite au fil des évolutions de la maison d’édition et des évolutions technologiques (au départ la revue a été diffusée sous la forme de pdf, puis l’ePub est arrivé, enfin dans les trois derniers numéros, un ePub enrichi).

Je n’ai pas le courage de tout reprendre, le chantier me semble disproportionné par rapport à l’enjeu, il faut remettre l’ensemble des numéros à niveau, repenser complètement le site, et le processus de création (entre site web, ePub facile à créer et disponible sur l’ensemble des machines) car c’est ce qui permettrait aujourd’hui de relancer la revue et de la faire entrer dans une nouvelle phase de son histoire.

Avec d’ici là tout à toujours été une question de passion, passion des textes et de leur mise en page, des productions artistiques, la musique, la création sonore (d’ici là restera longtemps comme l’une des toutes premières revues proposant une bande son, et j’en suis très fier), et passion de l’image sous toutes ses formes (photographie, collage, dessin, peinture, etc). J’ai été ravi de partager depuis six ans, avec plus de 250 artistes pour mener à bien ces dix numéros de la revue aux formes variées comme autant d’étapes de son histoire et de son évolution.

J’ai d’autres envies désormais, d’autres projets. Des projets personnels, d’écriture et de création, et l’intention de travailler à l’élaboration d’ouvrages collectifs qui pourraient voir le jour sur Publie.net, ou chez d’autres éditeurs, mais également l’envie de continuer à m’investir dans le comité éditorial de Publie.net comme j’ai commencé à le faire avec grand intérêt et passion cet été. Je me sens plus utile là qu’à relancer une machine éditorial dont je ne maitrise plus l’indispensable évolution, ni techniquement, ni économiquement).

J’ai reçu quelques textes sur le thème du langage et j’ai pas mal de visuels dont je voudrais me servir pour éditer un dernier numéro de la revue d’ici là pour la fin de l’année qui serait diffusé gratuitement sur Publie.net, si tous les contributeurs me font l’amitié d’accepter cette proposition. Une manière pour l’équipe de Publie.net et moi-même de remercier tous les auteurs, les artistes et les lecteurs qui ont soutenu toutes ces années la revue, afin de clore en beauté cette aventure éditoriale exceptionnelle.

Gwen Català me propose de rendre hommage à ce fabuleux travail collectif, hommage qui pourrait prendre la forme d’un hors série papier qui pourrait voir le jour à l’occasion du Printemps des poètes pour proposer en version papier grand-format et couleur d’une sélection des contributions. Je m’en réjouis et vous en parle plus longuement dès que possible.

Tous les numéros de la revue d’ici là restent disponibles sur Publie.net.

Je remercie très sincèrement tous les auteurs, les musiciens, les graphistes, les photographes, les artistes qui ont participé à la revue toutes ces années. À tous les lecteurs assidus et fidèles. Merci à François Bon le premier qui a accueilli la revue chez Publie.net comme navire amiral de la maison d’édition, merci à Gwen Català pour le travail extraordinaire mené sur les derniers numéros afin d’offrir aux lecteurs une expérience de lecture numérique inédite qui a inscrit la revue dans le paysage éditorial.


Voir en ligne : Les numéros de la revue d’ici là restent disponibles sur Publie.net

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